Cordages
L'emploi des cordages est omniprésent dans le quotidien du technicien,
il n’est de montage sans l’utilisation de fils pour haubaner, brider, fixer, relier, accrocher, lever…
Par tradition (ou superstition), le terme “corde” est banni du plateau, les techniciens parlent de
guindes, fils, bouts, drisses, garcettes… pour désigner les nombreuses variétés de cordage, du
simple fil pour nouer un câble électrique à la guinde utilisée en levage.
Comme pour tous les équipements de levage, une inspection des cordages s’impose
avant leur utilisation en contrôlant notamment l’absence :
- de fibres détériorées,
- de coupures de torons,
- de gainage détérioré.
Le coefficient de sécurité est de 14 pour tous types de cordage (coefficient de sécurité 7 x coefficient
spectacle 2) utilisés en levage.
En savoir plus
Exemple : un cordage en chanvre de 12 mm de diamètre a une charge de rupture de 880 daN.
En levage, sa CMU est de 880 daN / 14 = 63 daN.
Quelques exemples d'emploi des cordages :
- levage de charges légères,
- commandes de porteuses,
- assemblage en lacets de châssis,
- mise en oeuvre d'équipes à main,
- mouflage,
- bridage et haubanage de porteuses,
de charges…
- nouettage de câbles électriques,
- levage de petites charges depuis une passerelle, une tour…
Commandes
de porteuses

Les types de cordage
Deux familles de matériaux composent les cordages :
Les fibres naturelles :
- Le chanvre : présente une bonne résistance à la rupture, mais s’avère très sensible à l'humidité.
Le cordage en chanvre de fort diamètre est apprécié pour son excellente préhension. A utiliser de préférence en intérieur,
le chanvre en milieu humide peut développer des micro-organismes responsables de la déstructuration des fibres. On devra
mettre au rebut toute guinde présentant une usure prononcée,
la limite de rupture du chanvre étant alors amoindrie.
- Le sisal : issu d'une fibre de cactus, il offre une résistance mécanique inférieure
de 20% au chanvre. il est très
sensible à l'humidité. Il est utilisé sous forme de ficelle pour les petites fixations.
Les fibres synthétiques :
Elles ont pour avantage l'insensibilité à l'humidité et la légèreté.
Un noeud serré dans un cordage synthétique se défait beaucoup plus facilement que s'il s'agit d'une matière végétale.
- Les polyamides (P.A) : ces fibres sont utilisées pour les cordages de spéléologie et d'alpinisme. Le Nylon, le Rilsan, le
Perlon sont de la famille des P.A.
- Les polyesters (P.E.T) : de moins bonnes résistances à la rupture que les polyamides. Le Tergal, le Dacron sont de la
famille des P.E.T.
- Les polypropylènes (P.P) : fibres moins résistantes que les deux précédemment citées. Les cordages en P.P ne peuvent être utilisés en longe de sécurité. De par leur faible densité, ils s’avèrent très légers et flottent sur l’eau.
Tous ces cordages sont classés en deux groupes selon leur mode de conception :
Les cordages toronnés :
à base de fibres végétales ou synthétiques. Les fibres sont rassemblées
en un fil, l'assemblage de fils constitue un toron.
Le cordage toronné est généralement constitué de
3 ou 4 torons.
Les cordages tressés :
uniquement à base de fibres synthétiques, ils sont constitués d'une âme (fournit 70% de la résistance)
et d'une enveloppe (fournit 30% de la résistance). Les cordages tressés sont classés comme suit :
- pré-étirés : ces cordages ont subi un étirement durant leur conception. Leur capacité d'allongement est faible,
la résistance à la rupture amoindrie. On les utilise pour réaliser de l'immobilisation statique (haubanage, blocage
de chariot de contrepoids…), une commande de patience, une équipe à main.
- statiques : utilisés en spéléologie, l'allongement élastique
sous une charge de 80 daN est compris entre 1,7 à 5%,
la rupture intervenant après un allongement maximum de 25 à 40%.
- dynamiques : ces cordages ne doivent pas être utilisés en levage. Leur usage est restreint à la pratique de l'escalade
et à la protection individuelle au travail. L'allongement élastique
sous une charge de 80 daN est de 5 à 8%, la rupture
intervenant après un allongement maximum de 50 à 70%.
Caractéristiques des fibres
| Paramètres |
Chanvre |
Sisal |
Polyamide |
Polyester |
Polypropylène |
Température250°
de fusion (°C) |
160° |
160° |
250° |
260° |
165° |
Allongement moyen
avant rupture |
1,5 % à 16 % |
7 %à 12 % |
20 % à 25 % |
20 % à 25 % |
25 % |
| Tenue a l'abrasion |
+++ |
+ |
+++ |
+++ |
- |
| Tenue aux chocs |
+ |
+/- |
+++ |
++ |
++ |
| Tenue aux intempéries |
+/- |
- |
+++ |
++ |
++ |
Rupture pour un
diamètre de 12 mm |
1 100 daN |
950 daN |
3 000 daN |
2 250 daN |
2 250 daN |
+++ très bien; ++ bien; + assez bien; +/- moyen;
- passable
Débiter un cordage
- En fibres naturelles : au préalable, poser un ruban adhésif de type barnier de quelques centimètres
dans le sens du toron, à l’emplacement de la coupe. Procéder à la coupe au milieu du scotch avec un cutter ou un couteau.
Plus sophistiqué, on peut réaliser la coupe du cordage au centre d’un manchon thermo-rétractable.
- En fibres synthétiques : procéder directement à la coupe avec ces mêmes
outils (ou avec une pane de coupe guinde,
outil semblable à un fer à souder), puis brûler à l’aide d’un briquet les extrémités du cordage.
Faire attention aux coulures de matière en fusion.
Plier un cordage
Comme pour un câble électrique, le lovage d'un cordage s'effectue
en suivant le sens du toron et en faisant tourner les
brins au moment de la formation de chaque spire. Ceci afin d’éviter la formation de boucles fortement gênantes au
cours du déroulage.
Une guinde ne se plie jamais autour du bras, afin d’éviter la formation
de boucles lors du déroulage
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